Systématisation / Régénération

Ce cycle-là pourrait aussi s’appeler le cercle vertueux de La méthode SAFE.  En gestion de projet traditionnel, il y a le REX, le retour d’expérience, une analyse de ce qui a fonctionné et de ce qui est à améliorer.

La méthode SAFE va plus loin, au-delà d’un projet habituel.  Un projet génère dans les faits bien plus de résultats que l’objectif attendu. L’atteinte d’un objectif arrive avec son lot de positif et de négatif. Aujourd’hui, le négatif est rarement pris en compte dans le processus et génère des déchets ou des catastrophes écologiques.

La méthode SAFE intègre dans son processus les concepts de l’économie régénératrice ou de l’économie bleue comme le définit Gunter Pauli.

« L’Économie Bleue. Si nous changeons de perspective, nous constaterons que l’Économie Bleue s’attache à des questions de régénération qui vont au-delà de la préservation ou de la conservation. L’Économie Bleue ne recycle pas, elle régénère. D’une certaine façon, l’Économie bleue consiste à s’assurer qu’un écosystème maintient ses règles évolutives afin que tous puissent bénéficier des flux infinis de la Nature en matière de créativité, adaptabilité et abondance. »

Objectif zéro déchets

Pour Pauli, l’objectif n’est pas de faire « moins » de déchets, mais en s’inspirant de la nature, d’arriver à « zéro déchets » ! Non pas par des privations et de l’austérité suicidaire, mais par l’ingéniosité et des sauts technologiques. Après tout, abolir les déchets… la nature le fait déjà. Si nos industries ressemblaient à la nature, chaque déchet serait l’aliment d’une autre industrie. Plus qu’une « économie circulaire », il s’agit d’une économie « en cascade ».

Et cela s’avère possible lorsque l’homme, en mobilisant sa créativité invente des nouvelles technologies et des nouveaux procédés permettant de métamorphoser les « déchets » de hier en « ressources » de demain. Et pas besoin de taxes, de subventions, ou même d’investissement, seulement de beauté et d’ingéniosité.

L’objectif de La méthode SAFE est de fournir un processus de conception en mode économie bleue de manière systématique.

Systématiser ce qui positif pour gagner en vélocité, régénérer ce qui est négatif pour en faire une ressource essentielle à une autre industrie.

Quand un déchet à plus de valeur que le produit initial.

Voici quelques exemples de réalisations

  • Marc de café pour produire des champignons. Du caféier à la tasse, nous ne consommons que 0,2 % de la biomasse de la plante. Le reste est gaspillé. Absurde ! Le marc de café, est de loin le meilleur compost possible pour la culture de champignons. Car une fois bouillie, la fibre du café est un terreau idéal. Déjà dans des centaines de villes aux quatre coins de la planète, la collecte du marc de café permet d’alimenter des champignonnières. Quant aux surplus de champignons, ils seront utilisés pour nourrir du bétail.
  • Imiter la pêche sélective des baleines et des dauphins. Ces poissons produisent des bulles sous leur proie. Les poissons les plus légers se retrouvent propulsés vers les hauteurs où les prédateurs les récupèrent. Mais les femelles qui portent des œufs, et qui sont donc plus lourdes, restent en bas. Résultat : la pêche ne porte pas atteinte au cycle de reproduction. A titre expérimental, l’Indonésie teste actuellement une dizaine de catamarans équipés de tuyaux injectant des bulles d’air sous les bancs de poissons afin d’imiter le procédé. Le principe est génial, mais c’est loin d’être gagné d’avance.
  • Couches culottes pour faire pousser des arbres fruitiers. A Berlin, on tente l’expérience. Les parents de nourrissons se voient offerts de couches culottes gratuites. Une seule condition pour en profiter : les ramener lorsque bébé a fait ses besoins. Les couches culottes en question se transforment en « terre noire » favorisant grandement la culture d’arbres fruitiers. En bout de chaîne, c’est la vente des arbres qui permet la gratuité de l’ensemble de la chaîne.
  • Déchets de viande pour produire des médicaments. Les armées de Napoléon se servaient d’asticots pour nettoyer les plaies des blessés. Aujourd’hui, un abattoir africain utilise ses déchets de viande, en les exposant aux mouches, pour en produire. Trempés dans de l’eau bouillante, les asticots, après avoir libéré l’enzyme précieuse qui permet de soigner les plaies, servent de nourriture aux cailles et aux poissons.
  • La pierre pour produire du papier. Aujourd’hui, pour produire une tonne de papier, il faut de la fibre et sept tonnes d’eau. Énorme ! Un nouveau procédé permet de produire du papier sans eau et sans arbres, uniquement avec de la poussière de pierre, de craie et du plastique recyclé. Résultat : du papier recyclable une centaine de fois, trente fois plus qu’aujourd’hui.
  • Transformer le CO2 en nourriture. Comme tout le monde, Pauli constate que les centrales à charbon rejettent du CO2. « On dit que le CO2 est mauvais parce que nous ne savons pas quoi en faire. Donc c’est nous qui sommes mauvais ! » Or, le CO2, on peut le capturer avec de la spiruline, une micro-algue qui représente un complément alimentaire idéal et facile à produire. A ce titre, elle intéresse beaucoup l’Agence spatiale européenne qui réfléchit beaucoup sur comment, lors de voyages interplanétaires, transformer « les déchets » des astronautes en ressources utiles.
  • Appareils sans piles. Le système naturel cherche toujours à faire plus avec le moins d’énergie possible. Comment les systèmes naturels génèrent-ils de l’électricité tous les jours ? Ce n’est pas grâce au soleil comme on le croit souvent. Mais par la gravité et la biochimie. Les systèmes naturels n’utilisent ni piles, ni métaux : comment peut-on résoudre le problème de la connectivité, si ce n’est en regardant comment la vie elle-même génère de l’électricité ? Et de montrer un prototype de film électrocardiogramme (thin film electrocardiogram), un électrocardiogramme qui marche sans batterie, comme un patch, qui permet, en utilisant la connectivité naturelle du corps, de fonctionner pendant 24 heures, sans piles, sans fil. « Oubliez les technologies qui ont besoin de trop d’énergie pour fonctionner comme le Bluetooth ! » Faisons tout sans piles. Les prothèses auditives, les téléphones mobiles peuvent fonctionner par la conductivité naturelle que nos corps produisent. Comme le dispositif nanométrique inventé par le Pr Jorge Reynolds qui permet de récupérer l’électricité produite par notre corps et qui nous permet d’envisager bientôt des Pacemakers ne nécessitant ni chirurgie, ni anesthésie, ni piles pour fonctionner… Le Fraunhofer Institut est en train de produire le premier téléphone mobile qui fonctionne en convertissant la pression générée par la voix en électricité ! On peut créer de l’électricité avec le corps (60 volts/heure) ou par la pression de la voix et cela permet d’envisager de faire fonctionner un téléphone mobile pendant plus de 200 heures ! Plus vous parlez, plus votre téléphone est chargé !
  • La soie pour se raser. La nature produit depuis des milliards d’années des polymères à partir des acides aminés d’insectes (vers à soie, araignées, etc.) ou de mollusques (moules, etc.). Si nous étions capables de les fabriquer comme eux plutôt que d’utiliser la pétrochimie, nous arriverions à révolutionner profondément la production. Aujourd’hui, on est capable d’utiliser la soie pour faire des réparations nerveuses ou osseuses. L’araignée est capable de produire 9 types de soies différentes, avec des qualités de résistance différentes selon l’eau qu’elle y incorpore. « On utilise 100 000 tonnes d’acier pour fabriquer des rasoirs jetables », s’enflamme Gunter Pauli, « alors que la capacité de la soie pourrait nous permettre de nous raser sans jamais pénétrer la peau. On pourrait remplacer l’acier et le titane de nos lames de rasoir par de la soie, ne nécessitant ni pétrole, ni énergie, ni déchets. Un hectare de mûrier permet de produire 2 tonnes de soie. La Chine ancienne a travaillé à régénérer des sols arides en y plantant des mûriers dont la soie a été le sous-produit. Pour fabriquer des rasoirs avec de la soie, il faudrait planter des mûriers sur 250 000 hectares de sols arides qu’on pourrait reconquérir par ce moyen et qui permettraient de générer plus de 12 500 emplois », explique Pauli, chiffres à l’appui. Au final, « l’observation et l’imitation des systèmes naturels pourraient nous permettre de générer des polymères naturels, conquérir des terres arides et créer des emplois ! »

La méthode SAFE ajoute de la structure au concept de l’économie bleue tout en étant réaliste et concrete. L’objectif est de financer un projet de régénération quand le résultat obtenu génère des profits et des déchets.  Augmenter la profitabilité par la systématisation de ce qui fonctionne et utiliser les bénéfices d’une meilleure profitabilité pour générer des revenus avec la régénération des déchets.

Créer des écosystèmes locaux pour aller vers :

  • L’autonomie alimentaire
  • L’autonomie en eau
  • L’autonomie en énergie
  • L’autonomie en chauffage
  • L’autonomie des ressources

En régénérant 100% des déchets en ressources.

Indignation – Révolution pacifique – Changement de civilisation … et c'est  pas triste ! - AgoraVox le média citoyen

Même si le 100 % régénération est difficilement atteignables dans certains cas, tendre vers cet objectif avec La méthode SAFE représente un petit pas de plus vers cet enfant du futur qui lui vit ce résultat.

Je crois en La méthode SAFE parce que déjà, les générations qui arrivent sur le marché du travail choisissent les entreprises qui adoptent La méthode SAFE. Les financements de la BPI vont aller à ceux qui auront une démarche SAFE. Le dernier des 4 cycles de La méthode SAFE porte les prémisses d’une révolution en douceur du mode de gestion des projets.  C’est tout l’intérêt d’intégrer la vision à long terme dans le processus.